L’engorgement, ennemi nichon numéro 1.

Comment parler allaitement sans évoquer le désagrément (=le truc bien relou capable de ruiner un début de lactation) de base : j’ai nommé l’engorgement.

Nausées de grossesse, souffrance des contractions, désespoir de l episio, il reste encore des épreuves si l’on choisit de donner le sein, et pas des moindres. 

Pas de blabla théorique inutile, je vais vous parler de mon engorgement, celui que j’ai fait cet été, alors que tout doux avait … 14 mois. Voilà, sachez donc que ce connard peut survenir de derrière les fagots à tout moment, même en cas de lactation bien installée, même avec seulement 3 ou 4 tétées par jour.

Je me réveille à 4heure du mat. Problème que j’identifie tout de suite : JE me réveille. Comment ça JE ? Toute seule ? Non, un truc me gêne … Putaiiiiiin comment je douiiiiiille ….. c’est quoi cet OBUS ??? (Certes j’ai une poitrine de déesse désormais, mais ce truc ressemble à un pamplemousse cramoisi). Ok ma grande tu fais un bel engorgement des famille, reste à mettre en pratique tous les conseils prodigués aux jeunes mamans avec qui tu as discuté.

Un peu emmerdée, je vais dans la salle de bain pour essayer de tirer le lait à la main (bien evidemment je n’avais pas mon fidèle destrier le tire lait). J’essaye mais rien ne sort, j’ai vraiment tres mal, je sens que j’ai de la fièvre, mon sein est méconnaissable. Après quelques minutes la tête me tourne => ça sent le malaise en approche. Je retourne vers la chambre, rapidement car je me sens vraiment partir … j’appelle mon mari « cheriiii je me sens pas bien… » et je m’effondre sur le carrelage.

Je frissonne, je dois maintenant être à 40… mon mec me traîne vers la cuisine, je lui demande de faire bouillir de l’eau pour essayer de plonger le sein dans l’eau chaude. Mais je n’arrive pas à bien me positionner, j’ai vraiment peur de tomber dans les pommes, je panique … 

« Emmène moi à la douche, vite ». Il me traîne en sens inverse, me deshabille, je me tords de douleur et je claque des dents. « Je t’emmène à l’hosto ! »  » mais non putain ils y connaissent rien en allaitement aux urgences ! » 

Je fais couler l’eau chaude, j’essaye de vider, de sentir où se situe le canal bouché mais tout ce nichon me fait un mal de chien, j’ai l’impression qu il n’est même plus à moi, je vais mourir ! Le jet bouillant me soulage, mais je suis trop faible pour me relever, je reprend mes esprits un peu : « amène moi un doliprane … et le petit, lui seul peut m’aider » (scène dramatique).

Hasard des cycles du sommeil ou geste divin, le tout doux pleure à ce moment même. Il débarque dans les bras de son père, tout groggy, visiblement interloqué de trouver sa mère a poil dans la douche en train de claquer, et ne comprenant absolument pas pourquoi on lui demande de téter en toute urgence. Comme c’est un peu son activité préférée, il s’exécute. Je lui annonce qu’il va devoir me sauver la vie (c’est ton heure de gloire kid) en retrouvant son statut de serial teteur, et notamment en position de la louve.

C’est à dire allongé sur le dos, avec moi à 4 pattes au dessus, le sein tombant dans sa bouche afin que la gravité facilite la vidange des canaux. Trop cool pour lui, trop acrobatique pour moi pour le moment. 

J’en chie des ronds de chapeaux, mais j’arrive à nous ramener tous les 2 au lit, pendant que mon mec nous soutient comme il peut.

Passé cette 1ere nuit fébrile, j’ai vécu 48 heures compliquées, essayant désespérément de vider cet énorme nibard rougeaud, entre la position de la louve, le jet d’eau chaude, le tire lait loué en catastrophe à la pharmacie pour l’équivalent d’un demi smic. 

La pharmacienne avait remué ciel et terre pour m’en obtenir un en 2 heures, après un dialogue plutôt drôle : « vous avez accouché quand ? » « Euh il y a 14 mois… » « ah… dans ce cas c’est bon, l’enfant mange autre chose … il mange autre chose ? » « Mais evidemment ! » « Je peux vous donner de l’homéopathie aussi pour diminuer un peu ….  » « diminuer quoi ?? Mais je ne veux pas arrêter !! » « Non rassurez vous, après 14 mois, c’est pas de l’homéopathie qui va faire grand chose ».

Bref elle a été vraiment sympa, car j’étais plutôt en conditions hostiles : repas de famille, maison de campagne de ma mère pour qui l’allaitement long relève de la science fiction (alors qu’elle m’a allaitée 8 mois dans les années 80 !!).

Mon mec a aussi super bien géré, ne laissant rien entrevoir de son angoisse. Il m’a même avoué après-coup avoir envisagé de téter lui même si cela avait été indispensable. 

En résumé, un engorgement ça fait très mal et plus le bebe est petit, plus on risque de se laisser dépasser. Ne pas hésiter à masser, réchauffer, prendre du doliprane et faire teter en louve, menton du bébé vers l’endroit douloureux.

Et consulter une IBCLC si besoin, comme toujours.

À très vite pour un nouveau numéro de « j’ai testé pour vous.. » !

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