Et au 7ème jour …

Je viens de passer 1 semaine à la maison à garder mon tout doux. Banal me direz-vous ? Pas pour moi, car les journées de repos ou les vacances sont la plupart du temps passés tous ensemble (avec son père, le clebs, la matoune, les uns contre les autres, as usual). Les moments où je suis seule avec lui sont assez courts : quelques heures de grasses matinées de mon mari, où bien lorsqu’il fait des heures sup le week end. Cela ne dure jamais trop longtemps et j’arrive sans difficulté à prévoir une activité ou simplement une promenade.

Mais là, toute une semaine entière ! La dernière fois que cela nous était arrivé, il avait 4 mois. Je m’en souviens très bien, époque bénie où il ne dormait qu’en porte bébé en mouvement. C’était en octobre, il faisait un soleil doux, les couleurs d’automne chatoyaient, j’avais découvert tous les sentiers entourant notre maison, toutes les ruelles escarpées du village, 2h30 de marche et 67 tétées par jour, j’avais perdu 2 kilos.

Cette fois ci, à 21 mois, le même schéma ne se reproduirai pas et j’appréhendais un peu ces jours où j’étais censées prévoir « des choses à faire ». Parce que comme vous sûrement, je consulte assidument les blogs puériculture, et les rubriques activités ou jeux DIY (dou ite iourselfe) me laissent béate d’admiration. Ma créativité sans limite m’a simplement permis de fabriquer des jouets sensoriels (oui madame) en mettant du riz dans des boites de tic tac enrubannées de chatterton. J’ai aussi inventé le fameux jeu de la passoire. Une passoire à nouilles, un machin en forme vague de bâton (une vieille baguette de bouffe chinoise) et il s’agit de faire rentrer le bâton dans la passoire. Ne me remerciez pas.

A part ça, que dalle. J’étais donc heureuse d’avoir planqué quelques jeux depuis un bon moment, ce qui a permis de raviver son intérêt vers un très joli loto Djeco, un puzzle cirque à moitié dévoré par le chien, des grosses peluches que nous avons disposé sur son lit et à qui nous avons lu la bonne cinquantaine de livres (thank god) que nous avons en stock.

Question activités artistiques, le dessin et la peinture ne l’intéressent que très peu, ou bien je sais pas m’y prendre du tout. J’ai tenté la peinture dans la baignoire, histoire d’être no limit sur les dégats matériels et de laisser ma psycho rigidité de côté, mais je me suis aperçue que le côté glissant l’angoissait, et j’ai rapidement enchainé avec la douche, activité sensori-motricielle par excellence, que nous pratiquons pour le désensibiliser, avec plus ou moins de plaisir. Ce fut un véritable succès, après 30 min de régulation tonico émotionnelle (c’est à dire des contractions des mains et jambes et des apnées à chaque respiration), mon plus courageux s’est enfin attaqué à ce bordel de trouble de l’oralité et gobant lui même le jet de douche tout en poussant des cris de vautours.

A propos de cris, je peux dire fièrement qu’il maitrise pleinement le cri du tigre. Grâce au puzzle cirque et à l’édition Disney du livre de la jungle et son dessin de Sher Khan, nous avons travaillé la guturalité de la chose et ce fut un franc succès.

Il a également perfectionné son utilisation de la paille pour boire son whisky coca de 19h, pour décompresser de sa journée avec sa mère (si ça se trouve dans 30 ans, il le fera vraiment). Non hein, ni coca ni whisky, mais une orange bio pressée à 9h30, après avoir petit déjeuner de graines et de choux chinois (un seul truc est vrai, libre à vous d’imaginer nos petits déjeuner parfaits de vacances). Et d’ailleurs niveau bouffe, la Bree van de Kamp en moi (je vous en parle souvent de celle la, et je l’aime bien en fait) a grave assuré : fondant au chocolat, boeuf bourguignon, déclinaison du Malva pudding à ma façon (gâteau que nous avions mangé en Afrique du sud lors de notre voyage de noce, nécessitant l’intégralité de la production de Mongolie en beurre, et à se damner), et de bons vieux pancakes du dimanche matin pour finir la semaine en beauté.

Le temps idéal nous a permis de profité des sentiers découverts il y a plus d’un an et qui font désormais partie de notre quotidien, pour le plus grand bonheur de la parisienne que je suis. Un chien, un globber, un wacotto au cas où, et c’est parti mon kiki. Il y avait les fameuses flaques, sources de bonheur sensoriel intense, les petits cailloux qui font du bruit sous les pieds, et les gros qui font trébucher. Il y avait les chevaux dont nous avons caressé les naseaux, les autres chiens croisés en chemin, les oiseaux que l’on entendait fort et petites grandes choses que l’on découvre à son âge, et au mien aussi.

Le chien s’est éclaté aussi, on hurlait pour le rappeler, il fonçait sur lui, lui éclatait de rire et tout le monde hurlait de plus belle. Ce fut l’occasion de mettre à l’épreuve ma patience de maman positive avec l’alternance de « je marche, tu me portes, je veux le globber, ah non je veux pas monter dessus, je veux le pousser. Mais je veux le pousser en étant dans tes bras. Et si c’est possible. Ah je veux marcher. Mais devant toi. Et puis là je m’arrête. Me demande pas pourquoi. Mais pourquoi tu me portes plus ??? » .

Ces ultra trails nous ont bien fatigués et c’est avec luxe calme et volupté que je me délectais de la sieste tous les après midi, à ses côtés, écoutant la douce respiration et sombrant moi même par intermittence.

J’ai oublié (un peu) l’angoisse du prochain stage, l’angoisse de la thèse, l’angoisse de l’installation (moi angoissée ?), j’ai profité de soirées télé en tête à tête avec mon mec et notamment de celle de mercredi sur 6ter avec la série THIS IS US qui est mon coup de coeur intersidéral en matière de série télé depuis Buffy contre les vampires et Desperate Housewives. Les meufs (et les gars), il faut absolument que vous regardiez cette série, votre vision du monde et de la famille, de vous même, de vos parents, de vos enfants, de cette grande machine qu’est l’univers … tout cela va changer quand vous aurez fait la connaissance de Jack et Rebecca, de Kevin, Kate et Randall.

Le défi « femme Barbara Gould » que je m’étais lancé a été un semi échec : j’ai eu le temps de me faire un masque du visage, mais pas de m’épiler. Le défi « sportive de l’extrême » a été relevé haut la main en revanche, avec 2 heures d’équitation intensives et des courbatures bien dans le gras des fesses.

Et finalement tout est passé très (trop ?) vite, aussi bien les soirées calinoues au tétou que les moments d’excitation fébrile au moment de passer l’aspirateur.

Une fois de plus j’éprouve le besoin de poser ces images, ces tout et ces riens, ces souvenirs qu’il ne gardera pas en mémoire mais qui seront dans ses yeux rieurs pour toujours. Bonheur fugace, déjà passé et sitôt évanoui, que restera-t-il de notre semaine dans 10 ans ? De la douceur, de petits cris, de grands rires, des rêves de plus loin et de plus heureux, encore.

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