Tant va la cruche à l’eau

Il y a une semaine maintenant je voulais écrire un article sur mes astuces ruses de sioux bienveillantes pour me faire « obéir » de mon tout doux, à l’aube de ses 2 ans et du fameux TERRIBEUL TOU, aka « terrible two », âge délicat où l’enfant se construit et s’oppose à presque tout. J’avais démarré l’écriture, il est bien au chaud dans mes brouillons et je le réserve pour plus tard !

Hier, je voulais écrire un article sur mes 48 dernières heures, durant lesquelles ces dites ruses n’avaient absolument pas fonctionné, en mode « blogueuse qui se moque d’elle même et qui vous livre honnêtement son quotidien pas toujours rose ». J’avais également composé 2 beaux paragraphes, assez drôles et piquants, et j’avais refermé l’ordinateur, trop fatiguée pour continuer, mais avec plein d’idées pour la suite. Lui aussi est enregistré dans mes brouillons.

Et ce soir … ce soir j’ai juste envie d’écrire que je suis fatiguée. Affaissée, asthénique, harassée, lasse, hors service, que je me sens comme les piles d’un livre musical (quelle arnaque ces trucs !) après 3 mois d’utilisation survoltée par un doigt potelé.

Mékeussetilpassé ?

Déjà, ça fait 1 semaine qu’on se tape un rhume familial carabiné, alternant fièvre, toux, vomitos, glaires, crachats, chiasse, nez qui coule mais qu’on veut pas moucher, triplement de mon traitement de fond anti asthmatique pour ne pas décéder d’une quinte de fucking toux sèche à 4h du mat. Rien de grave dans l’absolu, je relativise bien sûr en songeant aux enfants ou parents de petiots vraiment malades.

Mais ça fait iéch.

La conséquence direct est bien sûr des nuits pourries. Mais pas le pourri de d’habitude, le pourri 2 à 10 réveils par nuit, non je parle du pourri puissance pourrave, avec 3/4 vomito, saturday night fever, changements de draps, triade interminable toux-vomito-tétée, lessives qu’on arrive pas à rattraper. Et bien sûr, comme si c’était pas déjà assez chiant de gérer ce lot quotidien logistico-médico-émotionnel, le grand cycle de la vie te rappelle que tu n’es qu’une misérable miette dans un univers qui te dépasse, avec 2 ou 3 jours de pluie, durant lesquels TES LESSIVES NE SECHENT PAS.

S’ajoutent à cela diverses préoccupations parasites, pas assez grave pour qu’on sonne l’alarme, mais pas suffisamment bénignes non plus pour qu’on les laisse glisser sur nos plumes de hiboux ébouriffés grognons et mal réveillés.

Bref.

Toujours est-il que la nuit dernière, je voulais être ailleurs. Toux et réveils mutuels durant plus de 2 heures m’épuisaient, je sentais mon corps bouillant, courbaturé, je voulais cracher mes poumons, boire des litres de tisanes de thym, faire que mon petit garçon se rendorme vite dans son lit, me lâche, arrête de tousser et de renifler, de me taper, de se taper en cherchant le sommeil …

Je voulais qu’on me ramène avant, autre part … take me back en soirée péniche, devant un épisode de buffy (team spike), dans un resto en amoureux, sur le pont de brooklyn, sous le ciel étoilé du mali (team jaune), autour d’un feu de camp, en picnic parisien avec confidences et gloussements de copines, sur un cheval au galop le long d’une plage normande, sur cette presque île du mozambique où nous avons fini notre voyage de noce … par égard pour vous et pour ma santé mentale fragile à l’heure actuelle, je ne mettrai pas de photos de tous ces endroits, sorry.

Parce que même si j’assume à fond notre mode d’éducation un poil plus consommateur d’énergie et d’imagination (mmmmhhhh alors … essai 21 pour lui faire mettre son pyjama sans crier … voyoooons ….), même si je crois dur comme fer que dans 5, 10, 15, 50 ans, nous récolterons au centuple la bienveillance semée aujourd’hui, même si le moindre pleur nocturne continue de me tordre les boyaux en une fraction de seconde, même si je suis plus décidée que jamais à poursuivre dans cette voie … ben parfois, j’en ai ras la quiche.

Je n’ai pourtant pas l’impression de me sacrifier, au contraire, depuis que je suis mère, je n’ai jamais autant été MOI, autant maître de mes envies, de ma personnalité, de mes préférences, de mes opinions. Je dis ça car je les connais, ce jugement facile, ce discours perturbant, bien que pétri de bonnes intentions, ces conseils qu’on a pas demandé, ces regards qui veulent dire « ouhlalaaaaa mais elle est timbrée la pauvresse ».

Mais voilà, des doléances j’en ai aussi.

J’aimerai dormir une nuit complète, arrêter de tousser, j’aimerai que mon frigo se remplisse tout seul, j’aimerai rencontrer des professionnels de la petite enfance parfaitement en adéquation avec notre vision des choses, j’aimerai de bons petits plats parfaitement équilibrés (lolilol) sur ma table, j’aimerai que ma salle de bain ne soit plus humide, que la voiture ne fasse plus ce drôle de bruit, que les cheminots arrêtent de nous faire chier,  que mon chien (que j’adore) arrête de pisser par terre, que mon jardin soit fleuri et luxuriant, que la parentalité positive marche tout de suite hyper bien (contre sens bien sûr), que ma thèse soit terminée (oui allez y, pouffez de rire !), et tout cela évidemment en conservant lumière, chaleur, amour autour de nous (vous reprendrez bien un peu de champi hallucinogènes).

Si ce soir, j’ai pas envie d’fermer ma gueule, si ce soir … ah beh non tiens, j’ai déjà la voix cassée.

C’est dingue comme parfois quelques grains de sables peuvent foutre en l’air une mécanique semblant bien huilée, comme on peut perdre pied rapidement, se regarder dans la glace et voir cette pauvre cloche dépassée qu’on déteste, et oublier le bonheur qui éclot pourtant sous nos yeux à chaque instant.

Promis juré, le prochain article sera plus « bienveillant » et « positif » et … tous ces mots clefs que je vous balance d’habitude 3 fois par ligne. Par contre ne comptez pas sur moi pour vous donner des conseils du type « comment gérer son stress » ou « méditer en pleine conscience pour affronter la vie/son patron/sa mère » … Je vous laisse consulter un tuto sur youtube.

Parce que râler et se plaindre et gueuler, et pleurer, ça fait du bien aussi. Et qu’on a le droit de le faire, même si on revendique d’être une femme/épouse/mère (rayez la mention inutile) épanouie et heureuse, profondément, sincèrement.

Je vous laisse donc libre tribune pour me livrer également vos sombres pensées, quelques larmes peut-être, en attendant des jours meilleurs.

Si vous êtes belle, intelligente, riche et heureuse, vous avez le droit de faire un tuto pour les autres.

Hey au fait !! je vous annonce que vous naviguez maintenant sur le seul et unique site docteurdoudou.com !! 

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Serely Lalla dit :

    Ah bah oui présenté comme ça, la maternité n’est pas glamour ! Par solidarité, je vais te raconter ce qui m’est arrivé ce matin : une diarrhée de poussée dentaire répandue hors-couche, un bébé furieux d’en être recouvert et de la matière fécale du sol au plafond.
    Solidarité scato-materno-vomito-fatiguo-raz le bol !

    Aimé par 1 personne

    1. docteurdoudou dit :

      Ah ouais le scato c’est pas mal aussi ^^

      Aimé par 1 personne

      1. Serely Lalla dit :

        Et partie comme nous sommes, je nous verrais bien expérimenter les joies de l’apprentissage à la continence cet été. Mon fils est plus jeune que le tien de deux ou trois mois à peine (de mémoire, ton Doux est né en mai, et le mien en aout.) Je ne sais pas pourquoi mais cette solidarité risque fort de se poursuivre cet été. Je ne veux pas dire mais ça sent le caca cette histoire !

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