Auprès de ma blonde …

… qu’il fait bon, fait bon, fait bon dormir …

Vous l’aurez remarqué je ne suis pas blonde.

Je vous parle aujourd’hui d’un sujet chaud chaud cacao, mais qui est à l’honneur dans les nouveaux carnets de santé : le sommeil partagé, ou cododo, ou cosleeping, bref le fait de dormir dans la même chambre, voir dans le même lit que son enfant, ce lit pouvant être celui des parents, ou de l’enfant. Car c’est officiel, la France recommande désormais aux parents de dormir dans la même chambre que le bébé durant ses 6 premiers mois de vie, pour réduire le risque de mort inattendue du nourrisson. Les études montrent, que cette proximité est profitable pour l’enfant jusqu’à ses 1 an, mais bon, soyons honnête, la france n’est pas encore prête pour tant de parentalité proximale.

Je rapelle avant toutes choses, les règles de sécurité élémentaires mon cher Watson du sommeil partagé, s’il s’agit d’un bébé notamment. Le bébé ne doit en aucun cas être potentiellement étouffable ou recouvrable par une couverture ou un oreiller. Il ne doit pas se retrouver coincé entre le matelas et le mur. Il ne doit pas y avoir d’animaux sur le lit. Les parents ne doivent pas avoir consommé de tabac, alcool, drogue ou médicaments. La température de la pièce et du bébé doivent être parfaitement maitrisés. Le matelas doit être ferme. Si un autre enfant dort également avec vous, il doit être séparé du bébé par un adulte.

Les études sur le lien entre le cododo dans le même lit et la mort subite du nourrisson sont contradictoires … par ce qu’il y a trop de biais et de facteurs intriqués … la profondeur du matelas, l’état de vigilance des parents, la température de la pièce … les recommandations françaises sur le couchage restent le lit à barreaux, dans sa turbulette, sur le dos. Mais donc dans la chambre des parents !! et ça wahou quel progrès !!

Bon voilà pour la 1ere partie théorique, passons maintenant à la pratique. Car si je me permet de vous parler librement de cododo aujourd’hui, c’est parce que je peux officiellement annoncer que chez nous, le cododo systématique (c’est à dire toute la nuit), c’est bel et bien terminé ! Alors je vois la psychanalyste du fond de la salle lever les yeux au ciel ah ben il était temps, on a frôlé le trouble de l’attachement et le conflit oedipien, ce pauvre gosse est déjà bien assez traumatisé par les nichons de sa mère, pi merde il est pas assez frustré.

Je vois aussi les mamans maternantes et cernées du 1er rang se demander comment avons nous clos ce chapitre ? Reprenons depuis le début si vous le voulez bien.

Nourrisson, allaitement à la demande, maman qui veut survivre. Le sommeil partagé a débuté immédiatement par le petit berceau qu’on nous avait prété. Après la tétée durant laquelle il s’endormait, je le déposais doucement sans trop de difficultés (belle époque !) dans le berceau, et ce 3 à 4 fois par nuit. Les réveils se sont espacés, et à 2 mois, il n’y avait plus qu’une ou 2 tétée la nuit (ça n’allait pas durer). Puis j’ai repris le travail et ça a été la catastrophe, l’absence de maman la journée, l’allaitement toujours à la demande, on est passé rapidement à 5, 10, 15 réveils … et donc un aterrissage assez tôt dans la nuit, dans notre lit. Nous avons donc investi dans « side-bed », un petit lit accolé aux seins de la maman au lit des parents, avec des barreaux sur les 3 autres côtés (je conseille le modèle Fabimax Pro, qui se transforme en banquette, coute peu cher, supporte jusqu’à 20 kilos), qui est à mon sens le meilleur outil de cododo, le plus sécuritaire et pratique.

A l’âge de 10/12 mois, tout doux se retournait bien, avait grandit, bref son petit lit accolé au nôtre me semblait de plus en plus dangereux. Le nombre de réveils nocturnes n’avait pas vraiment diminué, chaque changement de cycle de sommeil était pour lui infranchissable sans mes seins moi.

Et donc quelle solution nous restait-il ? Nous étions à la fin du printemps, il faisait très doux, nous n’avions plus de couette … je l’ai passé au milieu du lit, entre nous. Et là, le miracle a opéré … nous sommes passés de 10/15 réveils à seulement 4 ou 5 (dont au moins 2 rappels en début de nuit, c’est à dire avant que je le rejoigne), avec toujours, rendormissement assez rapide grâce à la tétée (bénie soit-elle). Laissez moi vous dire que la vie prend une autre saveur quand on se rappelle du jour de sortie de la poubelle et qu’on se reconnait dans la glace.

Puis trèèèèèèèès progressivement, le nombre de réveil a encore diminué, pour attendre à l’âge de 18 mois, en moyenne 3. Et beaucoup moins de rappels en soirée. Je pouvais enfin regarder Ciné Dimanche sans louper la moitié du film. A ce moment là, nous avons décidé de monter son « lit de grand », et de virer le lit à barreaux qui servait de panière à linge ou de matelas pour le chat. Pendant plusieurs jours, on a organisé sa chambre, rangé les livres, les peluches, joué avec lui sur le tapis, papoté avec les ours peints sur le mur (ours peints par papa himself !). Le rituel du soir s’y déroulait : changement de couche, pyjama, chatouilles et câlins sur son lit, puis il allait choisir 2 livres et rejoignait notre chambre pour l’endormissement. Et puis un soir, il a pris les 2 livres comme d’habitude et est revenu vers son lit. On lui a demandé s’il voulait y dormir, il a hoché la tête pour dire oui. On s’est regardé avec son père, et après quelques secondes, je me suis installée avec lui pour la fameuse tétée-dodo. Il avait 19 mois. Et voilà.

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Je sens qu’une question brûle vos lèvres, mais qu’ai-je fait pour que mon enfant, qui a toujours cododoté, qui se réveillait 20 fois par nuit, dorme maintenant paisiblement dans son lit, dans sa chambre, lâche prise en 20 minutes, et débute officiellement ce qu’on appelle communément les nuits complètes ?

La réponse est simple : rien. Je n’ai rien fait du tout, à part dégainer le nibard à la seconde même où je l’entendais grogner, agiter son petit corps dans ma direction, m’aggripper la bretelle.

Et tout ce qui est décrit dans les livres bienveillant sur le sommeil des enfants, l’immaturité cérébrale, l’instinct de survie du tout petit, le maintien de la lactation, le besoin de réassurance, de proximité avant d’arriver à enchainer plusieurs cycles de sommeil, voire se rendormir seul … tout cela s’est réalisé, sans que je fasse rien, à part répondre aux besoins de mon enfant.

Bilan des courses d’avril 2018 à donc 22 mois révolus : en moyenne 2 réveils par nuit. Dont le premier toujours après 2heures du matin, puis vers 5 ou 6h, et re dodo jusqu’à 8h en moyenne. J’arrive donc à dormir au moins 3 heures en début de nuit d’un bon sommeil (truc de guedin), lorsqu’il se réveille je vais m’allonger à côté de lui et je dégaine les boobs. Soit je me rendors aussi, j’ai prévu une petite couverture d’appoint et un oreiller, soit je retourne dans notre chambre. La plus grosse difficulté : le lit qui grince lorsque je me relève. Clairement je sens que je suis moins fatiguée car le besoin de siestes, qui ont été vitales pendant des mois se fait beaucoup moins ressentir.

Conclusion : fuck les mauvaises habitudes. Y A PAS DE MAUVAISES HABITUDES. Y a un besoin de contact, de proximité, de réassurance … Et une fois que ce besoin est satisfait, l’habitude peut se modifier.

Preuve encore : la semaine dernière, il a été maladou, puis moi aussi (toux d’outre tombe et fièvre des tranchées), et clairement j’étais beaucoup trop HS pour me lever, donc au premier réveil, mon mari nous le ramenait dans le lit comme avant. Non seulement ça n’a rien changé à ses réveils (il y en a eu plus naturellement, car lui toussait, puis moi, puis lui, puis je me mouchais, puis …), mais depuis 3 nuits où il a arrêté de tousser et de se réveiller davantage, et après que j’ai moi même récupéré un peu de poil de la bête, ben il dort très bien dans son lit et n’a pas demandé du tout à venir avec nous.

Nous attendons toujours avec une certaine impatience les fameuses nuits complètes, et elles arriveront !

Je vous remet en post it les petits trains du sommeil du bébé, qui explique qu’un nourrisson qui se réveille toutes les 70 minutes, c’est normal. Ce n’est pas à cause de l’allaitement, de l’attachement, ce n’est pas de la manipulation ou une erreur de dame nature. C’est épuisant, retournant, usant, mais normal.

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Le cododo permet de sauver des familles de l’implosion, des parents de l’épuisement, et par ricochet des touts petits du syndrome du bébé secoué (et de la mort inattendue du nourrissons, mais ça, on le savait déjà !).

Le sommeil des bébés (et donc le mien !) est un sujet que j’ai abordé de nombreuses fois, parce que mon fils fait partie de ces enfants qui ne font pas leurs nuits, ni les nôtres.

Si c’est votre cas et que vous vous sentez sombrer, que vous ne savez plus à quel saint/sein vous vouer, n’hésitez pas une seconde à partager içi ou ailleurs vos joies et vos peines …

Parce que je suis contre toute forme de dressage au sommeil, parce que maintenant la science a prouvé que le pleur, n’importe quel pleur, est néfaste pour le développement du cerveau de l’enfant. Parce que ce tabou doit être levé.

Et aussi parce que les parents doivent vivre, continuer à se lever, travailler, rire, profiter de leur enfant, s’aimer.

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