Point allaitement à 2 ans

L’allaitement est le moyen idéal d’apporter aux nourrissons tous les nutriments dont ils ont besoin pour grandir et se développer en bonne santé. Pratiquement toutes les mères peuvent allaiter, si elles ont des informations précises et le soutien de leur famille comme du système de soins.

Le colostrum, sécrétion lactée jaunâtre et épaisse produite à la fin de la grossesse, constitue, ainsi que le préconise l’OMS, l’aliment parfait pour le nouveau-né qui doit commencer à s’alimenter dès la première heure qui suit la naissance. L’allaitement exclusif au sein est recommandé jusqu’à l’âge de six mois. De six mois à deux ans, voire plus, l’allaitement doit être complété par une autre alimentation.

 

C’est pas moi qui le dit, c’est l’OMS.

Voilà, c’est dit, nous parlons ainsi de la même chose, à savoir l’allaitement non écourté, enduré par un valeureux cobaye qui est donc prêt à donner de sa personne pour tester la dernière phrase de ces recommandations applicables à tous les enfants de tous les continents (et pas seulement aux pauvres dont le pays a un PIB inférieur au capital de Gallia).

Mon petit cobaye a fêté ses 2 ans le mois dernier et nous sommes donc officiellement rentré dans la catégorie du « bambin », ou « toddler ». Je vous avais parlé il y a 6 mois de l’allaitement à 18 mois, et nous voici rendu à l’étape suivante.

Alors alors, que se passe-t-il désormais ?

  • Les choses immuables

La tétée des retrouvailles. A mon retour du travail, je dégrafe à 1 kilomètre. C’est rapidement (très rapidement) l’urgence pour nous retrouver, l’apaiser, le contempler, faire le lien entre ma journée de femme active Barbara Gould, et ma soirée de mère au foyer exemplaire.

La tétée/dodo, comme nous l’appelons. La tétée reste toujours le meilleur moyen de s’endormir le soir et de se rendormir la nuit. En ma présence naturellement, car comme depuis toujours, les siestes chez la nounou se font facilement, et super papa tire aussi super bien son épingle de jeu pour les sieste ou les soirs quand je suis absente. Mais alors pourquoi votre enfant réclame à cor et à cri le sein quand vous êtes là et s’accommode de la situation sans vous ? Ben moi je n’achète jamais de saucisson. Mais quand y en a, je n’arrive pas à m’arrêter. Voilà.

L’apport nutritionnel lacté : à 2 ans, le lait représente 1/3 de la ration calorique. Pas rien donc. La tétée n’est pas seulement une tétine et un doudou, une maman ou un câlin, c’est aussi de la bonne bouffe.

IMG_2578
Maman drive. Jouet patouille intégré dans le menu enfant.
  • Ce qui a changé

Les tétées de réconfort. Nous sommes entrés dans la phase des 2 ans pleine de tempêtes émotionnelles, d’expériences plus ou moins réussies, de frustrations, de grosses larmes parce que la chaise n’arrive pas à rentrer sous la table … Il y a aussi les chutes, les chaussures qui veulent pas se mettre, le canapé qui est trop mou pour y faire tenir droit un playmobil (nan mais ça c’est vraiment de la torture psychologique …), et les parents qui comprennent rien à ce qu’on leur dit.

Donc vous voyez classiquement les enfants qui courent vers leurs parents en larme pour quelque raison que ce soit en criant « mamaaaaaaaan » d’une voix à vous déchirer les entrailles ? Ben nous c’est pareil mais il m’appelle par mon 2ème prenom, « Tétéééééééééééée ».

La « tétée pléplé ». Même si le langage est un peu laborieux, quelques mots sortent bien, et j’essaye depuis un moment de lui faire demander le sein, au lieu de déchirer mon chemisier sinequanone. Nous arrivons donc maintenant à l’enchaînement « mama tétée pléplé », suivi rapidement par « l’au l’au tétée » au moment du changement de côté. Evidemment faut pas que je traîne trop sinon le chemisier y passe.

La négociation ! Car oui, à partir de 18 mois, selon l’enfant, les circonstances, la maman, on peut négocier la tétée. Quoi ?? Scandale, c’est lui qui décide !!! Enfant tyran blablablaaaaa … Je trouve que l’allaitement « à l’amiable » est un excellent premier pas pour apprendre à l’enfant la négociation et la confiance. Car il est bien évident que quand on lui promet qu’il aura tétée dès qu’on rentre à la maison, faut dégainer fissa. Cela fonctionne d’autant plus que l’on a balisé le truc avant l’envie de tétée, quand l’enfant est à l’écoute et réceptif. Par exemple, lorsqu’on va voir le médecin, je lui explique à l’avance : « Nous allons voir le docteur, dès que ce sera terminé, je te donnerai tétée dans la voiture si tu as en a besoin. Chez le docteur on fera plein de gros câlins, pas de tétée. ». Alors ok il trépigne en me tenant le pantalon vers la porte de sortie avec un « là baaaaaaaaas » plein de larmes, mais c’est plus discret.

C’est à chaque duo maman/enfant de trouver son rythme et ses habitudes. Je n’hésite pas à dire « c’est mon corps, j’ai le droit de dire non ». Là encore, belle introduction vers le respect de l’autre et du corps.

  • Et vous l’allaitez beaucoup ?

C’est la question que m’a posée un des docteurs (pour qui j’avais été fort bien inspirée de faire mon petit discours avant). Aucun jugement dans sa voix, mais clairement on voyait qu’elle ne savait pas comment ça marchait un bambin de 2 ans qui tête. J’ai répondu « à la demande », ce qui est vrai la plupart du temps, excepté les tétées repoussées à l’amiable.

Mais j’avoue aussi que certains soirs après des journées particulièrement riches en expérimentations ou frustrations, selon mon propre état, il m’arrive de stopper les tétées réconfort. Le nombre importe peu, mais quand je sens que j’en ai assez, je lui dis et je propose autre chose, câlin, guili, livre … Le tout accompagné d’une petite dose d’empathie « je comprends que tu veuilles têter, mais je suis fatiguée de te donner, il n’y a plus de lait. J’ai le droit de dire non, on va essayer de se calmer autrement… ». J’essaye donc d’être autant mon écoute qu’à la sienne.

IMG_2466
Et saut dans les bras de maman !

Je remarque néanmoins depuis quelques jours que le rythme est moins effréné et moins urgent. Il y a encore un mois, nous faisions la tétée le matin avant mon départ, pendant que je me maquillais, c’était notre rituel. Mais il préfère désormais vaquer à ses occupations ou lire un livre au chien. J’ai même arrêté de lui proposer, mais je sais que quand je lui dis aurevoir, il y a 1 chance sur 2 pour que sa voix se brise et qu’il se rue de nouveau vers moi, pour quelques secondes de tétée courage avant la journée.

Pour l’allaitement comme pour le reste en matière de parentalité, nous naviguons à vue, je ne sais encore ni combien, ni comment ni pourquoi … Je profite de ces instants de câlins délicieux qui n’appartiennent qu’à nous.

 

 

 

Et puis, heyyy j’ai perdu 7 kilos par rapport à mon poids d’avant grossesse.

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Merci pour ce bel article, je me demandais justement comment ça se passait pour les bébés plus grands… je n’ai jamais allaité plus d’un an mais j’ai bien l’intention de le faire pour ma troiz, j’ai juste un peu peur de la pression jugeante de l’entourage y compris mon mari mais bon ! Et puis je n’avais pas pensé à la négociation pour éviter les tétées en public, je crois que je n’assumerai plus quand elle aura 18 mois ou plus…

    Aimé par 1 personne

    1. docteurdoudou dit :

      Ah ben l’allaitement à k amiable c’est vraiment possible à partir de 18 mois !! Bon ça dépend, faut proposer à boire ou à manger en premier lieu, puis un câlin, une distraction … et y a certaines raisons qui vraiment font qu’une tetee de réconfort est indispensable, le gros gros bobo je ne lui refuse pas. Et y a les vêtements pour rester discrète aussi ! Bref plein de petites aides 😉 et alors c’est marrant car à partir d’un certain âge l’entourage ne dit plus rien 😂 !

      J'aime

  2. Ladolcevita...oupas dit :

    Aujourd’hui ça fait exactement 4 ans et un jour que mes seins produisent du lait !
    En 2012, lymphome au sein droit. Première question au professeur: « Dites-moi que je pourrais allaiter svp. » « Nous n’en savons rien ma ptite dame mais c’est fort peu probable ! »
    Mon monde s’effondre…
    Juin 2014, environ 22h30, j’allaite pour la première fois. Cet acte si naturel réparera tant de choses pour moi, en moi.
    Me dire aujourd’hui que je nourris (dans tous les sens du terme) 2 enfants me comblent de joie. Tellement fière de ce corps que j’ai si souvent malmené, torturé…
    Allaiter un bambin est différent, la négociation est possible, la notion de consentement, de respect du corps de l’autre prend soudain tout son sens pour le toupti allaité.
    La sensation, le ressenti sont aussi très différents.
    La nourriture lactée devient bien souvent beaucoup plus émotionnelle.
    J’ai allaité très régulièrement Bambinette jusqu’à ses 3 ans, puis Bambinet est arrivé, le co-allaitement a fonctionné un temps, puis Bambinette ne tête plus que de temps en temps à présent.
    Parfois je m’imagine ne plus allaiter du tout et ça me fait tout drôle mais je ne suis pas de celles qui redoutent la fin de l’allaitement, je prends cette aventure comme elle vient et je suis déjà tellement reconnaissante en la vie de m’avoir permis de vivre ces 4 ans d’allaitement (et puis à bientôt un an, Bambinet n’est pas prêt d’arrêter je pense !)
    Bravo à vous deux (et même à vous trois car c’est une aventure familiale) pour ce bel allaitement !

    Aimé par 1 personne

    1. docteurdoudou dit :

      Mais que j’aime te lire !!!! Merci mille fois

      J'aime

  3. Comme je me retrouve dans cet article plus d’humour ! Merci beaucoup !

    Aimé par 1 personne

    1. docteurdoudou dit :

      Ah Super 🙂 oui l’humour j’essaye d’en mettre souvent ! J’espère que tu te retrouvera dans d’autres articles aussi…

      J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s