Point sommeil à 34 mois

Si tu es une lectrice fidèle et/ou une insomniaque notoire, tu sais que chez les doudous on maitrise rien du tout au rythme nycthéméral des individus de moins de 1mètre. Depuis presque 3 ans nous sommes bringuebalés au grès de mauvais vents, sur des eaux infestées de requins, tentant de nous accrocher à un radeau du sommeil qui prend l’eau sévère.

J’en parlais notamment içi, dès les premières semaines d’existence du blog, ainsi que là, et encore içi, où j’évoquais la fin du cododo systématique, à 18 mois.

Je te rappelle rapidement les différents protagonistes de nos nuits :

  • Un tout doux de 34 mois, avec diverses particularités de développement qui l’ont conduit à être « hyper sensible », à l’affût constant. J’ai raconté plusieurs fois l’anecdote de ses réveils provoqués par le bruit du frottement de mes pieds trop secs sur le draps. Crois moi, on s’en veut à mort de pas être une femme super coquette qui fait ses pédicure tous les mois.
  • Une maman interne en médecine, qui a découvert l’allaitement et le maternage, les neuro sciences et le développement cérébral du nourrisson qui ne maitrise pas le sommeil avant 3 ou 4 ans ; et qui n’aurai rien contre un partenariat avec un dealer une marque d’anticernes.
  • Une paire de seins 90C.
  • Un papa clairement pas du matin, mais totalement contre le laissé pleurer et pour les calins et le cododo (i love you).
  • Un chat qui aimerait bien retrouver une vraie place dans le lit.
  • Un chien qui ronfle.
  • Une cafetière.

 

Après donc des mois de multiples tétées par nuit (6 ? 15 ? 38 ?), de micro siestes dans les chiottes du travail ou dans la voiture, de survie heure par heure, le tout doux avait demandé seul son lit à 18 mois, dans sa chambre, alors qu’il n’avait connu que le cododo exclusif (d’abord berceau, puis side bed, puis entre nous dans notre lit, au grand désespoir du chat).

L’endormissement se faisait toujours au sein, je m’allongeais dans sont lit « de grand », tétée, chutchutchuuuuuut, tétée, tétée, tétée …… la durée de la chose était inchangée, environ 1h, voire plus. Les réveils nocturnes se comptaient désormais à 2 en moyenne. Je retournais dans son lit, et soit je me rendormais avec lui, soit c’était assez rapide et je regagnais le lit conjugal. Je faisais selon mon état de fatigue et le feeling que j’avais avec le tout doux.

Ce nouveau rythme a duré 9 mois et … je suis tombée enceinte. J’ai alors commencé à flipper ma race, m’imaginant endormir (et rendormir) 2 enfants au sein après une journée de boulot, où ? quand ? comment ? Pourrai-je me transformer en shiva et me faire pousser une paire de nibards supplémentaire ?

Nous avons donc pris la décision avec super papa de l’introduire rééllement dans l’endormissement du soir afin de me soulager. Honnêtement, je commençais aussi à saturer de 2 ans et demi d’endormissement au sein durant plus d’une heure tous les soirs (nous avions eu seulement une nuit avec mon mari tous les 2, et je ne m’étais jamais absentée ou seulement pour quelques cours du soir).

Préparation psychologique durant plusieurs jours, explications sur la fatigue de maman (non feinte, crois moi), sur la confiance à mettre dans papa, et, astuce de sioux : on avait zappé la sieste du dimanche après midi pour favoriser un endormissement rapide. Nous y étions à ce fameux dimanche soir, après le rituel en bonne et dûe forme, moults câlins et bisous, tétée dans le lit et cachette sous la couette pour appeler papa. Je les laisse, et regagne penaude notre chambre devant un replay sur l’ordi. Le coeur bat la chamade, à chaque petit bruit, je tend l’oreille. On était d’accord avec mon mari : s’il sentait que ça devenait trop dur pour eux, il pouvait m’appeler. L’heure réglementaire passe, j’entend des voix, quelques grognements/petits geignements de chaton, j’attend tremblante …

Je te parait ridicule ? La mère qui flippe parce que son fils de 2 ans s’endort pour la première fois sans elle ? Ben ouais je flippais, et puis je pensais au bébé à venir, à moi, à tout le chemin parcouru… Et puis ça a marché. Les endormissements du soir étaient désormais dédiés à papa, qui au départ s’allongeait aussi à côté de lui (on a pas vraiment écouté la notice du lit qui disait max 80 kilos), et les réveils nocturnes me restaient consacrés.

Les mois ont continué à passer et il y a eu l’énorme pas en avant qu’a été le sevrage (spontané/induit par la grossesse comme souvent) à 2 ans et demi passés. Du coup rien n’avait changé dans le rituel si ce n’est l’absence de tétée/câlin/dodo.

Et je sens que la question te brûle les lèvres … l’arrêt de l’allaitement a-t-il diminué les réveils et « normalisé » le sommeil ?

Et bien … non. Que dalle. Nada. Niet. Never ever. Nenni. Nein. On m’aurait menti ? 

Endormissement toujours à rallonge avec papa ou maman selon les impératifs professionnels, la fatigue, le nombre d’apéros pris, et toujours ce putain de sa mère de réveil au milieu de la nuit, entre 1 et 4h du mat, sans comprenne jamais pourquoi.

Sauf que là, clairement, je n’ai plus la patience ni l’énergie de rendormir le chérubin dans son lit, et que j’approche moi aussi fortement des 80 kilos, rendant la manipulation « faxage hors du lit en mode 007 » de mon propre corps totalement impossible. Et qu’il refuse catégoriquement de se rendormir seul. Du coup, désolée le chat, mais papa va le chercher et le ramène illico avec nous, entre nous, où il se rendort en 30 secondes, après m’avoir tripoté les cheveux, avoir collé son visage au mien en soupirant d’aise « mamaaaan », et mis ses petites jambes sur mon coussin d’allaitement.

Nous avons eu quelques nuits complètes. Genre 10. Et jamais plus de 2 d’affilée, record à battre donc.

Autre progrès et pas des moindres, on l’endort assis à côté de lui, mais il faut tenir la main.

Nous sommes donc nettement plus serein quand à l’arrivée du bébé, qui dormira dans son lit cododo à côté de nous, car nous savons (et le tout doux le sait aussi) qu’il y aura toujours cette place entre nous au milieu du lit.

Que de chemin parcouru les amis !! Quand je repense aux heures passées au sein à l’endormir, aux manipulations dignes d’un démineur pour enlever le sein de la bouche, puis pour me décoller de son petit corps, puis sortir du lit en silence, et y revenir un peu plus tard sans le réveiller … Et dire que maintenant un petit maman et une gratouille sur le dos suffisent à rendormir la bête …

Prochaine étape : qu’il accepte de s’endormir seul. On est pas sortis de l’auberge mais on va y arriver, je ne te cache pas qu’on poussera un gros ouf ce jour là. Et on croise les doigts pour que le bébé ne tienne pas trop de son grand frère sur le plan du sommeil.

Donc en résumé :

  • sommeil pas mature avant l’âge de 3/4 ans, les réveils nocturnes correspondent à des passages de cycles de sommeil que l’enfant ne peut pas faire seul, il peut avoir besoin de réassurance physique ou émotionnelle de ses parents pour renchainer le cycle suivant. C’est NORMAL, ce n’est ni un caprice, ni un plan machiavélique de notre rejeton diabolique.
  • les rituels du sommeil doivent convenir à tous dans la famille (sauf peut-être le chat). Si papa ou maman désapprouvent tel ou tel rituel ou « habitudes », ça ne fonctionnera pas. Il y aura des tensions dans le couple, et dieu sait que le couple est la base de la famille. Donc on oublie pas de prendre en considération chaque protagoniste afin que tout ça ne se finisse pas en drame familial ou chez le juge.
  • l’allaitement n’influe en rien sur le sommeil, ni la proximité avec la mère.
  • l’enfant grandit et comprend de plus en plus de choses. A 2 ans, le nôtre était apte à comprendre ma fatigue et le besoin d’implication de papa. Pas nécessairement de l’accepter immédiatement, mais le comprendre oui.
  • c’est à la fin qu’on paye les musiciens.
  • force et honneur, dans 20 ans il ira à la fac et nous invitera au resto.

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s