Face A , face B

Attention mesdames et messieurs, voici la réouverture du blog après congé exceptionnel de plusieurs semaines pour une cause qui n’aura échappée à personne : j’ai mis bas.

Je m’installe à tes côtés avec ma tisane de fenouil, adieu le framboisier, et une bonne tartine de pâté de campagne qui m’avait manqué. Sers toi, ne me remercie pas s’il est 7h du mat et que t’as envie de dégobiller ou au contraire de te goinfrer de rillettes alors que la saison des maillots de bain est dans 3 semaines.

Je suis donc maman d’une petite fille née le 10 mai 2019, au prénom fleuri et printanier que je nommerai simplement « la petite fleur ».

Je reviendrai sur les détails logistico sanglants de sa naissance probablement dans un autre article, le temps de prendre un peu de recul. Pour le moment je sors juste la tête de l’écharpe de portage, et constate avec effarement que les jours défilent à une vitesse folle et que je me dois de graver dans le marbre numérique ces quelques bribes de souvenirs avant de continuer à perdre des neurones en même temps que des heures de sommeil.

J’ai donc effectué ma mutation en maman de deux. Je m’attendais à ce qu’une paire de bras ou un hémisphère cérébral me soit généreusement accordés par le bon dieu mais non. Je rejoins l’équipe de lynette scavo et maîtrise désormais parfaitement l’algorithme tétée + lecture d’histoire + enfilage de chaussette (celle du tout doux) + rattrapage in extremis de la tasse de lait au bord de la table basse. Oui on prend son petit déjeuner sur le canapé certains matins, je verrai si mes enfants deviennent dealers pour cette éducation aussi laxiste.

Nous allons donc tous très bien : la petite fleur qui a pris son kilo réglementaire de bébé allaité à la demande champion du monde de tétée, mes seins qui se sont transformés en usine Candia, le tout doux qui veille comme un loup sur sa petite sœur et à fêté dans la foulée son 3 ème anniversaire, mon mec qui kiffe mes seins, le chien qui a rien compris à ce qu’il s’est passé, le chat qui n’en a rien à faire, et mon périnée.

Le seul qui se plaint un peu c’est notre matelas. Non seulement il se fait tremper toutes les nuits par des torrents de lait maternel en furie, mais nous commençons à être parfois un peu serrés. La petite fleur dort en partie sur son lit cododo, en partie sur notre matelas, puis viennent moi, mes seins et mon cul. Et mon mari. Sauf que souvent, par un phénomène inexpliqué, à une heure approximative entre 2 et 7h, se rajoute entre les 2 parents le tout doux, qui débarque par l’opération du saint esprit. Là tu te dis : ça se corse. Mathématiquement tout le monde rentre sur le 160, et même si forcément ça dépend ça dépasse, je vois quelques avantages à la présence du grand. Déjà je m’en sers clairement comme oreiller dorsal quand j’allaite allongée de 3/4. Ensuite je l’ai bien brieffé sur les endroits précis où doivent être assénés les coups de pied : j’ai un peu mal à la 5eme dorsale, vas y masse moi ça.

Les réveils sont un poil plus compliqués, avec un grand qui a la discretion caractéristique d’un enfant de 3 ans et un papa qui rêve de ses grasses mat d’il y a 20 ans. L’affrontement est vite arrivé…

Nous avons survécu à notre première sieste en trio en l’absence de papa, j’étais pas peu fière ! Même si cela avait commencé comme la guerre pour la terre du milieu (c’est à dire moi), j’ai pu d’une main ferme mais délicate, instaurer le climat de confiance et de douceur nécessaire à l’apaisement de 2 enfants. LOL. Laisse moi rire lucette. J’ai supplié le grand de s’endormir tout en laissant pendre mon sein vers la petite au pif en priant pour qu’elle le choppe (instinct de survie, selection naturelle) et ainsi pu admirer mes capacités de contortioniste : sein gauche à gauche, bras droit à droite, hanches quasi luxées pour contenir tout ce petit monde.

Et puis, est ce la magie du shoot d’ocytocine ou la réalité qui m’a frappée en pleine tronche ? Toujours est il que j’ai soudainement réalisé que bon sang de bois (oui on est en sevrage de putain et bordel à la maison, y a des oreilles qui traînent), j’en avais 2. J’avais donné naissance à 2 êtres humains dans toute leur singularité et leur exceptionnel. Plénitude de leurs souffles sur mes flancs, de leurs mains dans mes cheveux, instants volés au temps qui passe et poursuit son œuvre.

Ces précieuses secondes d’amour et d’unité seront à moi pour toujours, car eux ne le sont pas. Je suis leur maman pour toute la vie, je leur dis tous les jours, je pousserai la barque qui les emmènera vers d’autres océans, je tendrai les voilures, j’ajusterai les cordages… Belle vie mes chéris.

(et pour revenir sur la terre ferme : j’ai fait 2 mastites. Et le tout doux à pleuré à son anniversaire quand on a amené le gâteau. Et les fils resorbables, ça gratte.)

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