Solstice d’été

Depuis que ma petite fleur est née le 10 mai 2019, les mots me manquent.

J’aimerai en poser certains, des doux et lumineux, des merveilleux, des rieurs, sur un sentiment qui m’est nouveau et que je palpe un peu plus chaque jour sans pouvoir l’attraper… Le sentiment que le temps m’échappe.

J’ai 2 enfants (bordel). Je sais quand je vois le tout doux du haut de ses 3 ans qui me raconte que Peter pan est parti manger au restaurant avec clochette et qu’il a oublié son portable, je sais que je n’aurai qu’à me retourner prendre le body propre de la fleur, pour qu’elle se mette aussi à déblatérer un si beau récit d’enfant.

Aujourd’hui nous sommes retournés pour la première fois de l’été au bord de la rivière, au même endroit où nous allons depuis 2 ans. Un coin de rivière comme il y en a tant par chez nous, qui se mérite : après une route de plus en plus cabossée (ou bien notre voiture est elle de plus en plus fragile), une petite marche et un sentier camouflé qui descend dans la verdure, il y a simplement des galets, de hauts arbres dans lequel le soleil se joue de nous, des canoë qui défilent.

Juin 2019

Cet endroit est parfait. Cet endroit contient les mots qui me manquent, et les émotions qui me submergent. Les années passent et passeront, les mois verront nos lots de soucis quotidiens petits et grands se succéder, mais cet endroit restera pour moi, et pour eux j’espère, notre endroit. Celui de toute une vie qui défile et d’étés qui se succèdent.

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Juillet 2017, premier été avec le toutou

Car ils vont de succéder inéluctablement et il n’y en aura pas plus d’une petite vingtaine tous ensemble. Déjà 3 de passés avec le tout doux, le compte à rebours a commencé.

Il y aura les voyages (j’espère qu’il en viendra !) bien sûr. Les trajets en voiture trop longs, les melons qui dégoulinent sur les coudes, les abricots dont j’enlève la peau rien que pour lui, le petit body adoré en taille 3 mois avec des avions dessus (que j’ai failli chialer en le passant à ma fleur), les bières que mon mec ne finit pas, la grille du barbecue, les glaces que je m’empêche de manger…

juillet 2017, crédit photo : mathieu qui m’a aidé à lancer mon blog

Les fous rires et les bains échangés avec les cousines, les larmes couvertes de sables ou de terre, les pieds sales, l’odeur de la crème solaire, les picnics au bout du chemin quand la chaleur baisse derrière la montagne, le chien qui galope derrière les papillons.

juillet 2018, la terrasse et le jardin un peu pourraves, la bière, le chien.

Et les souvenirs plus mémorables, le premier voyage en avion, la première nuit sans lui l’an dernier (nuit où nous avons appris ma grossesse, appris, pas conçue, comme quoi on a pas besoin de nuit à l’hôtel et de bonne bouteille pour faire des enfants !), l’été qui se déroule en ce moment, celui de ma thèse avec la fleur en écharpe ou au sein tandis que je me débat avec ma bibliographie.

Nous en voulons encore plus maintenant que nous savons que le temps est compté. Même si c’est du quotidien, du réchauffé, du pas trop de fric, du sandwich ramolli ou au contraire de l’exceptionnel (bientôt !), du plein les yeux, du 5 étoiles.

Je prie de tout mon cœur pour que ce coin de rivière reste gravé dans leur cœur à eux, que ces quelques étés demeurent des plus beaux, à la maison ou à l’autre bout du monde.

Août 2016, le tout doux a 3 mois.

Combien encore nous en reste il ?

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