Point allaitement/bouffe à 8 mois

Tu le sais, l’allaitement de mon grand tout doux a duré plus de 2 ans et demi, et clairement ça a été un allaitement de rêve. Aucune douleur, aucune crevasse, beaucoup de lait, ce qui m’a permis de tirer en quantité suffisante pour le lactarium, puis nos 50 heures de séparation hebdomadaire, et faire une quantité impressionnante de crèpes après 1 an de stock au congélateur. Ma pratique professionnelle et personnelle durant cette période, et ma grande passion pour le sujet m’ont légèrement galvanisée … Quand mini fleur est née je me suis relancée dans l’aventure la fleur au fusil, persuadée que tout allait glisser comme Philippe Candeloro habillé en Robin des bois.

Et bien, plus que jamais, on peut dire qu’on apprend bien plus de nos enfants qu’eux n’apprennent de nous. Je te le dis tout de suite, ce second allaitement s’est avéré bien plus épineux.

Dès le départ, j’avais du lait. Beaucoup de lait. Beaucoup TROP. Je n’ai pas osé en parler car je ne voulais pas me plaindre, je sais que beaucoup de mamans galèrent à nourrir leur bébé. Et tout simplement je ne SAVAIS PAS ce qu’était l’hyperlactation et à quel point ça pouvait être une tannée … Je passe sur les détails logistiques (changements de fringues 4 fois par jour, draps trempés…), sur les engorgements à répétition, sur les conséquences sur mini fleur de mon REF associé. Ce réflexe d’éjection fort , c’est à dire que ça fait pschitt quand le bébé se retire, étouffé, et que ça te trempe tout ton salon en 2 secondes, lui faisait mal au ventre, donnait des gazs, des rots, des selles souvent vertes explosives, lui faisant serrer la bouche pour ralentir le débit. Sympa hein.

Les premiers mois se sont ainsi écoulés, je courais après des langes et serviettes, je donnais naissances à des flaques de lait dans ma chambre à chaque fois que je berçais ma petite à poil (donc 40 fois par jour). Et après quelques semaines, sa courbe de poids a commencé à stagner. J’avais toujours mon REF, mais (un peu) moins de lait, ce qui est normal. Les couches étaient juste mouillées, bref elle ne tétait pas assez. Et c’est donc ainsi que j’ai appris humblement que hyperlactation+poids qui stagne après 3 mois = freins restrictifs de langue dans la bouche de bébé qui n’ouvre pas assez la bouche, ne tête pas assez bien, ne prend pas assez de poids.

Moi j’avais bêtement appris que le bébé qui tête mal entraine une baisse de lactation, donc je ne comprenais pas. Et bien, mon cher Watson, sachez qu’en menant bien l’enquête, on comprend que parfois le corps de la maman compense en produisant beaucoup de lait. C’est l’hyperlactation, qui sauve les meubles, mais pas assez pour permettre au bébé de grossir suffisamment.

Voilà donc une nouvelle piste aux remarques du type « votre lait ne suffit plus après 4 mois », « il faut vite le diversifier » … etc etc …

Mais en pratique que fait-on ? Pour ma part j’ai été consulté une chiropractrice formée en FREINS POSTERIEURS. Postérieurs, parce que situés en arrière de la langue, ne se voient pas forcément, mais se palpent. Et ces petits merdeux de freins doivent être coupés. Là encore, inutile de vous dire qu’on ne trouve pas sous le sabot d’un cheval les professionnels qui en sont capables. Nous avons coupés les freins de langue, et de lèvre supérieure par un chirurgien ORL spécialistes à Aix en Provence à 2 heures de chez nous.

J’ai alors pu me confronter à un autre mythe dont j’avais entendu parlé en théorie, et dont la réalité a fait voler en éclat mes certitudes … la terrible et légendaire GREVE DE TETEE. Oui oui, j’en avais entendu parlé, mais pour l’avoir vécu maintenant je peux le dire, je ne la souhaite pas à ma pire ennemie. Après l’intervention très courte, qui s’est très bien passée, nous rentrons à la maison. Bichette a tété dans la voiture normalement, tout va bien. Et une fois à la maison, elle décide de planter le piquet de grève. FO n’a qu’à bien se tenir. Elle a refusé le sein de 14h à 21h. Sans dormir, sans manger, hurlant … Je connaissais la théorie, pour briser une grève : proposer des tétées dans des conditions les plus animales et primitives possibles, peau à peau, dans le noir, dans le bain … Et bah ouais quand on a pas dormi depuis je sais pas quand, quand on s’engueule avec son mari parce que rien en va comme il faut, quand les seins vont exploser … va prendre un bain tranquilou avec bébé épuisé qui crache des flammes de colère. Finalement je suis retournée en urgence chez la chiropracteur. Il était 18h, c’était les bouchons, 2 heures aller retour en écoutant radio classique, un espace de décharge pour moi en larmes (mais elle veut plus têteeeeeeeeeeeeer, elle va mouriiiiiiiiir, au secouuuuuuuuuuuuurs ….) ça nous a fait du bien finalement. De retour à la maison à 20h, c’était Halloween, elle pleurait toujours très fort , laissez moi vous dire que les mioches se sont pas éternisés à la porte. Finalement, dans le noir, en peau à peau, à 21h, elle a signé les accords de négociation, a vidé les 2 seins et s’est endormie, et moi avec.

Mon apprentissage n’était néanmoins pas terminé.

Depuis le début, mini fleur se révèle être particulièrement dure en affaire avec sa nounou concernant la bouffe. Elle n’a toujours bu que très peu de lait (la faute aux freins probablement), malgré l’imagination sans limite de sa nounou … Différents biberons, débits, contenants, températures … Rien à faire, elle a n’a jamais dépassé les 180 ml bus sur une journée (oui oui, une journée entière). Et maintenant à 8 mois, c’est fini, elle refuse de boire du lait chez elle.

La théorie que je connaissais avec le tout doux était autrement plus douce … Il buvait sans rechigner ses 500 ml de 3 mois à 6 mois, puis a baissé progressivement jusqu’à arrêter de boire vers ses 12 mois au fur et à mesure qu’il mangeait solide.

Et là vient la nouvelle difficulté avec chouchoute. Sa courbe de poids étant très limite de base (la bronchiolite cognée de début décembre n’a pas aidé), j’ai dû encore humblement revoir mes certitudes concernant la diversification.

Nous avions pratiqué la DME avec le tout doux, idéale car il tétait beaucoup et se rattrapait parfaitement au sein en complément des miettes de muffins, omelettes et autres frites de patates douces.

Mais avec la fleur, ça ne suffirait pas.

On a donc fait un truc que jamais je n’aurai fait à ma 1ere DME : on a mixé avec la diversification classique. Les puristes de la DME le disent pourtant : le fameux gag reflexe se perd quand le bébé mange de la purée, et il risque donc de s’étouffer avec la DME. (aucune vraie étude à l’appui, ça reste de la théorie). Bon bah j’ai laissé les puristes de côté. On avait commencé la DME à 6 mois, et vers 6 mois et demi on a alterné des repas en autonomie avec des repas classiques, purée et compote, histoire d’apporter un peu plus de calories.

Et laissez moi vous dire que chaque calorie compte, car globalement on ne peut pas dire que l’obésité infantile nous menace. Chez la nounou, c’est toujours compliqué, on essaye donc toutes les textures, les horaires, les températures, les présentations …

Que faire face à un bébé qui mange peu ? Lâcher prise, se détendre, laisser toujours le plaisir au premier plan à table. Elle mange avec nous, on la laisse jouer et patouiller, je la prend sur mes genoux quand elle en a marre de sa chaise haute. Je ne force ni n’insiste JAMAIS.

Je respecte toujours les règles de sécurité de la DME, à savoir : texture moelleuse ou qui s’émiette (pas de pomme crue par exemple), pas de mélange de texture (pas de purée avec morceaux dedans), s’assurer que bébé puisse se pencher en avant ou en arrière pour se dégager d’un morceau / cracher / vomir si besoin.

Et on tâtonne, on essaye, on propose …

L’allaitement reste toujours à la demande, mais c’est plutôt à ma demande à moi, et nous devons souvent nous isoler au calme pour qu’elle accepte de rester au sein. Heureusement, elle tête beaucoup plus la nuit, en dormant.

Si la DME vous tente, je vous conseille ce site :

https://bebemangeseul.com/

Et pour les recettes, aucune pression. Un oeuf, de la farine de votre choix, un ingrédient au pif, de la levure et boum vous avez des omelettes ou muffins aux champignons/courgettes/brocolis …. rien de plus facile.

Et même si elle ne boit plus mon lait la journée, je continue à faire un tirage vers midi pour me soulager. Le congélateur est plein, on fera des crèpes.

 

 

 

6 réflexions sur « Point allaitement/bouffe à 8 mois »

  1. Merci pour ce partage d’experience et oui je trouve aussi qu’on apprend avec chacun de no enfant

    Pour ce qui est du GAG cela est plus un mythe qui n’est attesté par aucune etude à ma connaisance de plus mes 15 ans de pratique auprès des enfants avec des difficultés ou des troubles de l’alimentation je peux assurer que la purée de fait pas passer le GAG. Mes petits patients toujours en purée à 3 ans pourront le demontrer LOL

    Aimé par 1 personne

  2. Gné ? On s’étouffe avec de la purée ? Mais c’est quoi ce conte pour enfants pas sages ? Je n’ai jamais entendu ça pour aucun de mes 3 enfants. Côté diversification, en 10 ans j’ai tout eu comme recommandations : dès 4 mois, puis pas avant 6 à 8 mois, puis finalement, 5 mois. Au final, j’ai fait comme ça me (et leur) chantait. Ils ont mangé de la purée, des coquillettes, du riz, des morceaux de fruits, des compotes, du pain, du mixé, de l’écrasé, et finalement, ils mangent tous normalement.
    Par rapport au lait, certains enfants ne sont pas particulièrement fans : mon deuxième ne voulait même plus manger de yaourt à 1 an à peine. Je n’ai jamais pu lui en faire avaler jusqu’à 3 ans environ. Le dernier, par contre, est un accro au lait et siffle toujours un à 2 bibs par jour, en moyenne section… Chacun sa personnalité !

    Aimé par 1 personne

  3. Oh purée le courage qu’il faut ^^ Mais clair qu’un enfant n’est pas l’autre. N’empêche, quand on a géré des trucs qui passaient tout seul avec le 1er, et qu’on se heurte à un mur avec le 2ème, ça fait très très très bizarre. Ici on a toujours été de l’autre côté de la courbe (donc sans chercher à être trop restrictif on limite certains aliments – genre on ne se ressert pas 5 fois de pâtes, mais les légumes sont eux à volonté).
    Ici ça a été une suspicion d’APLV qui a fait que la 2ème ne mange que très peu de produits laitiers (le bol de lait au chocolat passe miraculeusement). Il a fallu ses 2 ans pour qu’elle mange un yaourt. Et maintenant, elle ne le mange qu’avec un peu de sucre. Le beurre elle le refuse depuis ses 3 ans (c’est venu paf d’un coup…).
    Difficile toujours de faire au mieux sans culpabiliser de ne pas suivre les recommandations ou de ne pas être dans les courbes de la moyenne…

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