1 an d’allaitement, bis

Tu ne rêves pas, j’ai accouché de la petite fleur il y a un an et des poussières. C’est passé vite (même si certaines nuits et journées sont très longues).
A sa naissance, l’allaitement se présenta à nouveau comme une évidence, et c’est forte de mes 31 mois d’allaitement précédent, que je me lançais, parfaitement confiante, dans l’aventure.
Si j’avais su ce qui m’attendait, j’aurai clairement moins fanfaronné auprès de la sage femme le lendemain de la naissance.
Quand on dit que les bébés sont différents c’est vrai.
Quand on dit que chaque enfant nous enseigne l’humilité, c’est vrai.

Je vais vous raconter.

L’allaitement de l’aîné s’est déroulé de manière intense mais facile. Il faisait partie du gang des addicts. Tetee tout le temps, pour tout, très souvent.
Il me lyiohilisait, j’avais perdu 10 kilos en 6 mois.
J’imaginais, naïvement, détenir le « all in one » magique qui agirait instantanément sur tout grognement ou contrariété signalés par la petite demoiselle.

Les premiers mois effectivement, se déroulèrent comme je les attendais.
Puis, rappelles toi, il y a eu à 5 mois la freinectomie, car les freins postérieurs empêchaient une bonne suscion et le courbe de poids s’applatissait.
S’est rajoutée à cette problématique, la pérenne hyperlactation, à la fois salvatrice (elle compense la mauvaise suscion des bébés à freins) et destructrice.
Je sais que beaucoup de mamans souffrent de difficultés de production.
J’en suis désolée.
Je ne me plains pas de cette hyperlactation mais bordel quelle plaie.
Vêtements et draps, bodys, turbulette et bébé… Trempés, avec rapidement l’odeur âcre du lait vieilli.
Le réflexe d’éjection fort associé, qui étouffe le bébé, le fait se tortiller, majore les coliques et gazs, et qui rend tout tetee en public hyper compliquée. Oh pardon monsieur, non il ne pleut pas, je vous ai juste arrosé… Ah il y en a dans votre assiette, pardon vraiment…
Les putains d’engorgements à répétition, un ou 2 par semaine, m’obligeant parfois à me teter moi même (je brise un tabou…) et le goût salé du lait après, moins apprécié par bébé.
Bon bah si je me plains en fait.

Tu te souviens que lors de la freinectomie, juste après, mini fleur avait planté le piquet de grève quelques heures ?
Et bien elle a récidivé la bougresse, quelques mois plus tard.
Cet épisode se hisse clairement sur le podium des plus grandes difficultés, voire même traumatismes de la maternité.

3 fucking days.
Pourquoi ? J’avais eu l’affront de crier car elle m’avait mordue. Elle a eu peur.
C’est une cause très classique de grève de tetee. Aussi quand je lis des messages de mamans ou médecins qui disent de réprimander un bébé qui mord ou de l’empêcher de teter, je ne peux qu’inciter à la prudence… Le bébé peut déclencher une grève en cas de réaction trop forte de notre part.
Ouais sympa hein, t’exprimes ton émotion, gnagnagna, et lui BIM. Rien à secouer de ta CNV maman, t’es pas contente et beh fuck.

Évidement ce n’est pas ça qui se passe. Je la traduis ainsi pour désamorcer cette terrible épreuve, qui est commune aux 2 principaux protagonistes de l’allaitement.

A la différence d’un sevrage, le bébé gréviste souffre terriblement.
Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Il veut teter, s’approche et tout d’un coup, comme possédé, se rejette en arrière, hurle, griffe… Dans les bras impuissants d’une mère pétrie d’angoisse et de culpabilité (ce qui aide vachement à détendre l’atmosphère) , qui a l impression que son cœur, ses boyaux ou ses neurones vont exploser.

Tu te dis que j’exagère, que je suis trop émotive… Mais je te jure, je te jure que j’ai cru que j’allais finir en soins intensifs de cardiologie, ou à l’asile.
3 fucking days de hurlements, refus de dormir, la peur qu elle se déshydrate, l’absence de stimulation et cette angoisse si terrible que la lactation sombre en quelques heures…
Et se répéter à chaque minute que ce n’est pas un sevrage, que le bébé va revenir, qu’une grève ne se solde par un sevrage seulement si on arrête de proposer et de stimuler…
Se graver cette phrase au fer rouge dans notre cerveau aliéné de maman agarde et désespérée… IL/ELLE VA REVENIR.

Et effectivement, elle est revenue. Après 3 jours et demi. J’ai chialé de bonheur toute la nuit ou presque, remercié des dizaines de fois mes amies qui m’avaient soutenue…

Elle avait 9 mois.
Par la suite, l’allaitement est resté compliqué. On dit « allaitement à la demande ». Bah la demande y en avait pas, jusqu’à très récemment.
Enfin si, la seule demande avait lieu la nuit, pour le sommeil.
Mais a peine était elle réveillée, à la moindre stimulation extérieure (rarissime à la maison avec un grand frère), c’était niet.

Concrètement comment ça se passait ? Je proposais la tetee pour les Ies siestes, allongées, dans le noir.

Je n’ai aucune photo d’allaitement.

Car teter en peine lumière, avec d’autres bruits ou activités autour et sans les yeux plongés dans les miens, signait l aller simple vers la morsure ou la grève.
Pire encore, si j’avais le malheur de lui proposer un sein réconfortant en cas de chagrin, peur ou douleur, elle me repoussait et pleurait de plus belle.
Alors que pour beaucoup d’enfants, le sein représente le couteau suisse qui sert à tout, de leur vie mouvementée, ce n’était pas du tout le cas pour mini fleur et j’en étais très desarçonnée.

Clairement, si tu me lis enceinte et que t’as envie d’allaiter, je suis en train de te dégoûter et j’en suis désolée.

J’ai quand même eu la bonne idée de ne pas rester seule face à ces difficultés et aux jugements faciles et cruels « elle ne veut plus teter, elle n’aime pas teter, ton lait n’est pas bon ». Jugements qui venaient également de moi même.
J’ai donc appris par des amies et des conseillères en lactation que c’est tout à fait possible qu’un bébé se désintéresse du sein, jusqu’à le renier complètement mais temporairement, au moment de chaque boom d’apprentissage ou de découverte.

Que ça n’a rien à voir avec la qualité ou le goût du lait, et encore moins avec l amour qu’il porte à sa maman, comme j’ai pu imaginer dans mes pires cauchemars.
Alors pourquoi s’entêter (hahaha) dans un allaitement pour un bébé qui se désintéresse ou fait la grève ?
Tout dépend de toi.
Si t’en as marre d allaiter, n’hésites pas, sautes sur l’occasion. Ça se passera bien !
Si comme moi, tu vises un sevrage naturel, accroches toi.
Car je peux dire maintenant, depuis quelques jours, mini fleur à changé.

Pour la première fois elle m’a demandé à teter dans le salon après s’être cognée la tête. Et elle a tété patiemment jusqu’à ce que le lait vienne.
Elle ne mord plus, même en cas de positions « dangereuses », propices à la découverte, comme par exemple teter à 4 pattes.
Oh joie, elle commence à demander à boire quand elle a faim, ce qu’elle refusait jusqu’à présent. Je suis donc un peu plus rassurée quand sa prise de kalories.

Par contre c’est les yeux dans les yeux, avec une petite chanson ou des caresses. Je me délecte évidement de ces contacts moelleux et la couvre de mots doux.

J’acheve cette première année avec un sentiment de fierté, je l’avoue.
Tenir un allaitement « exclusif » (elle mange solide à côté, mais peu) avec l’hyperlactation, les freins, les revendications de mini force ouvrière, les morsures, les doutes et les peurs, la bronchiolite…

Mon petit doigt me dit que la suite sera plus facile.
Je tire toujours mon lait une fois par jour quand je travaille pour maintenir la production.
Elle m’a beaucoup appris avec cette année d’allaitement… J’ai repoussé encore une fois mes limites, j’ai lâché prise, j’ai fait confiance et j’ai tenu bon.
Merci ma petite chérie, et bravo à nous.Des cernes? Moi ?

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