Black semaine

Et voici le genre d’article que j’affectionne le plus d’écrire, le genre impulsif, le genre fatigué, pianoté à brûle pourpoint sur un écran sale, les yeux mi clos, à des heures indues.

T’as compris dans le titre, docteur doudou à passé une mauvaise semaine.

Et tel un chanteur de rock torturé, un peintre délabré par les ravages d’un amour raté ou d’une trop grande ingestion d’absinthe, j’ai besoin de nommer les souffrances, qui sont j’en suis sûre, bien plus universelles que mon sentiment absolu de solitude ne veut bien me laisser l’entendre.

Première chose, il se trouve que depuis 3 semaines, mon mari s’absente la semaine pour travailler dans une autre région. Ipso facto je suis seule en charge de la progéniture du lundi matin au vendredi soir. Cette décision a bien sur été prise pour de bonnes raisons et je ne me plains pas du tout.

Cette situation a été l’occasion de quelques remaniements organisationnels utiles au bien être de tous, et notamment d’une chambre familiale pour moi et les 2 enfants.

Ils dorment avec moi. Et surtout je me couche avec eux, à 21h. Je suis couche tôt de nature, alors je met mes écouteurs, j’écoute quelques histoires ou meditations, j’envoie des messages subliminaux à ma vessie pour lui dire de se tenir tranquille jusqu’au lendemain matin, j’entend respirer calmement le tout doux, et j’allaite la petite fleur.

Les 2 premières semaines tout s’était bien passé. Organisation, anticipation, j’ai sauté 1 ou 2 douches dans ma semaine, mangé souvent debout et beaucoup chanté dans la voiture en faisant la zouave pour remonter le moral des troupes.

Et puis la semaine dernière… Ça a été Bagdad. Bombardé par des obus de morve, de glaire, de vomis d’enfants. J’ai donc du dormir, je pense clairement joindre l’académie française pour leur demander de rajouter dans le dictionnaire DORMIRQUANDONADESENFANTS afin de redéfinir précisément ce terme, j’ai donc du dormir entre 2 monstres toussants et reniflant. L’un ne sachant pas encore se moucher, l’autre hurlant pour diverses raisons, mouchoir pas assez grand, nez un tout petit peut irrité, langue ayant touché le dit mouchoir et beurk beurk et HAAAAAAAAAAA NAAAAAAAAAN JE VEUX UN AUTRE MOUCHOOIIIIIIIIIIIR….

A 3h du matin. Alors que le bébé radio actif à 39 de fièvre hurle aussi de douleur ou de ras le bol parce que elle aussi aimerait un autre mouchoir que le démoniaque aspirateur à morve que je dégaine plus vite que mon ombre (me parlez pas d’oignon, ça n’a pas fonctionné).

Parlons en de ce bébé radio actif. Je ne lui jette pas la pierre Pierre car il s’est avéré qu’après 5 jours de fièvre, ma collègue a diagnostiqué une double otite, mais ce bébé adoré choubidou roudoudou, ce bébé refuse de prendre quelque médicament que ce soit. A 39 de fièvre, douloureuse je me dois pourtant de lui proposer énergiquement une bonne dose de doliprane (à défaut de toplexil ou d’atarax), qu’elle refuse encore plus énergiquement. Très bien, le lendemain je tente un autre sirop, goût caramel, je fais ma maligne, elle aime pas le goût fraise chimique mais le caramel vanille ça va couler ! Mais QUE DALLE. Elle me l’envoie valser, de son regard noir déclame théâtralement un authentique « non maman j’aime pas ».

Pendant ce temps, sans que je m’en aperçoive, le grand à pecho la pipette et se la descend discretos. Il pousse le vice à vouloir prendre le même antibiotique que sa sœur, malgré mes explications scientifiques pourtant très persuasives (comment ça t’as 4 ans et demi et tu comprend pas le risque mortel d’antibio résistance ?), et je suis bien obligée de lui refuser sa dose de pénicilline en toute bienveillance bien sûr.

Alors je suis mauvaise langue car le seul médicament qu’elle accepte de prendre, ce sont les granules d’homéopathie. Donc le truc le plus vital au traitement. Alors là y avait du monde qui se bousculait dans la fosse en minaudant des « encore granule… Maman dernière fois…. ». Les granules ont donc été utilisées comme il se doit : comme carotte dans un honteux chantage médicamenteux. Tu prend l’antibio et t’aura les granules. Nan pas toi mon grand. Toi tu prends rien, même pas le sachet de probiotique à 1,80 euro l’unité. Allez OK t’as le droit de lécher la cuiller mais c’est tout.

Tout ce sketch n’aurait été que peu risible si, comme de bien entendu, je n’avais pas été moi aussi malade. Là j’ai cru que Florence foresti avait placé des camera chez moi et qu’elle allait faire un spectacle en se foutant de ma gueule du début à la fin.

J’ai été faire mon test covid. J’avais plus de doliprane en comprimé. J’ai donc été obligée de 1) vider la moitié de la bouteille caramel vanille refusée dans la soirée, 2) implorer une amie de galère de me filer du doliprane en urgence par dessus la fenêtre de la voiture. J’avais mal à la gorge, et pas à force de hurler hein. Mal à la tête, au dos, bref comme quand t’es malade, que tu rentres chez toi, une soupe, un fucking doliprane et au lit. Sauf que mes 2 malus m’attendaient de pied ferme dans le lit de la chambre rebaptisée « chambre familiale ». Tombeau familial ouais !

J’ai du gardé Minifleur 2 jours et ne pas aller travailler. Grand renifleur est allé à l’école.

Des heures sombres se sont écoulées, pleines de d’impuissance, de solitude, de culpabilité, de « sortez moi de là pitié », de « qu’est ce que j’ai fais au bon dieu », paroles parfois battant mes tempes, parfois murmurees, parfois dites à haute et intelligible voix devant les marmots interdits de voir leur mère craquer dans son pyjama taché de morve, les cheveux hirsutes et le regard hagard.

Évidement je ne suis ni la première ni la dernière des mère ou père solo, que ce soit pour un temps donné ou pérenne, à vivre des hivers sombres. Je me suis sentie seule, mais je ne l’étais pas. Les amies, le mari appelé plusieurs fois par jour, qui a même essayé de négocier la prise de sirop par what’s app avec Minifleur, le chat qui faisait du mieux qu’il pouvait pour occuper la petite en la laissant lui courir après…

La semaine s’est terminée, comme toujours.

Attaquons la suivante. Je te souhaite bon courage, tu n’es pas seul(e).

1 réflexion sur « Black semaine »

  1. Mais je compatis teeeeeellement, vivant cette vie de maman solo en semaine depuis plus de 4 ans maintenant. On en chie des ronds de chapeau quand même, faut le dire.
    Sinon chez moi j’ai un spécialiste de la double otite, réfractaire aux médocs. J’ai du me battre tant de fois pour qu’il se soigne :-/ Dieu que je suis heureuse que cette période soit passée !

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